Interviews

Fomo, un artiste authentique

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À l’occasion de la sortie de son clip « 1965 » nous nous sommes entretenus avec Fomo, un artiste qu’on ne catégorise pas mais qui n’en est pas moins talentueux. Avec lui, nous avons parlé de ses débuts, ses aspirations, ses objectifs et projets d’avenir, entre autres.

Salut Fomo, ravie de te recevoir sur Indietrack ! Si mes notes sont bonnes, « FOMO » est l’acronyme de « Fear Of Missing Out », ce qui signifie en français « La peur de rater quelque chose« . Avais-tu peur de rater quelque chose en ne faisant pas de musique ? Ou la base de ce choix est toute autre ?

À la base, le fait de prendre Fomo pour la musique c’est vraiment l’idée de rater l’occasion de « percer » ou de vraiment avancer dans la musique mais ça correspond aussi à mon style de vie ou au style de vie de mon entourage. On est, et je suis souvent sur mon téléphone, pas envie de rater une notif, etc. Ça correspond vraiment à mon style de vie. Au début, c’était pour la musique mais ça correspondait aussi à la vraie vie donc c’est pour ça que c’est choisi.

À quel moment de ta vie et dans quel contexte décides-tu de te lancer dans la musique ? Est-ce au même moment que tu envisages d’en faire un métier ? D’ailleurs, est-ce que c’est le cas aujourd’hui ?

Au début, c’était un ami à moi qui faisait de la musique dans ma ville et il me dit « toi aussi fais de la musique », etc. Moi, j’étais assez bon à l’école et surtout en français et puis il me disait « ça t’irait bien d’écrire », moi, je disais « non, n’importe quoi ». Avec mes potes, on se voyait le mercredi après l’école et un jour, on était chez moi et je ne sais pas pourquoi, mais j’ai acheté un micro, je ne sais pas pourquoi. Honnêtement, je ne sais pas pourquoi (rire). Et on s’est dit qu’on allait essayer un truc donc on essaye et on a tout envoyer à un autre pote qui faisait du son avant. Bon, on était entre potes donc forcément, on est léger sur les critiques. Lui il disait « Ouais c’est archi lourd » et forcément je me suis dit « Waouh, je suis grave fort en fait, si lui il dit ça donc je suis trop fort en vrai vas-y je continue » et c’est parti comme ça.

C’est vraiment sur un coup de tête que tu as commencé ? C’était plus un délire au départ ?

Ouais voilà, c’était un délire, on était entre potes, on a commencé à faire du son de plus en plus propre, on a commencé à rentrer dans les règles de la musique, à partager nos morceaux et au final s’est devenu une grosse passion. Au début, c’est plus un rêve, on se dit que la musique sera notre métier, mais c’est plus un rêve, à côté de ça, tu gardes quand même les études, un vrai taf, etc. Et après quand ça commence à toucher un plus large public, que tu commences à voir que tu touches des gens haut placés et qu’ils prennent ton truc au sérieux, là, tu commences à te dire que tu peux gagner ta vie avec la musique. Mais je n’y ai pas directement pensé en tout cas.

Du coup aujourd’hui, tu es vraiment dans une optique ou tu aimerais faire de la musique ton métier ?

Aujourd’hui, c’est clair que si je peux le faire, je prends de ouf ! Je prends…

Quand on fait une lecture globale de ce que tu proposes musicalement, on se rend compte que t’as une personnalité assez ambivalente. Qu’est-ce qui explique que tu passes facilement d’une chose à son contraire (Par exemple : du rap au chant, d’une prod trap à une acoustique, d’une certaine maturité à une éternelle enfance) ?

Déjà de base, j’écoute beaucoup de choses, beaucoup de styles musicaux. Au début, vraiment, quand j’ai commencé, je faisais beaucoup ce que j’aimais écouter et c’est un piège, ce n’est vraiment pas bon d’écouter un truc et de dire « j’adore, je vais faire pareil », mais au début je faisais beaucoup ça et maintenant, je sais ce que je peux faire et ce que je ne peux pas faire. Le truc, c’est que, selon moi, sans me lancer des fleurs ou quoi, je me sens capable de faire beaucoup de choses, donc je ne vois pas pourquoi je me fermerais ou je me briderais dans un truc alors que je peux faire plusieurs trucs. Ça veut dire que je vais avoir une humeur un jour, je vais vouloir rapper énerver. Une autre fois, je vais vouloir faire un truc beaucoup plus calme, je le fais, mais c’est vraiment parce que de base, j’écoute beaucoup de choses. Là, j’ai une playlist que j’écoute tous les jours qui s’appelle « moment », pour moi, ce sont les sons du moment et pourtant, dedans il n’y a vraiment pas que du rap. C’est ça que je trouve fort avec la musique. Il y a beaucoup de gens qui font du rap et qui sans s’en rendre compte s’inspirent de beaucoup de musiques autres que le rap. Je pense qu’il suffit juste de l’alchimie. J’avoue que je suis complètement décomplexé de ce truc-là, je n’ai pas envie de faire que du rap, j’ai vraiment envie de faire de la musique. Je n’ai pas envie qu’on me classe forcément en tant qu’artiste rap.

Est-ce qu’on peut dire que ton objectif est de rester authentique et de faire ce que tu aimes ? C’est peut-être sur ça que tu veux baser ton identité ?

Ouais, c’est ça, moi, je relie beaucoup mon personnage à ma vraie personnalité. Fomo, c’est quelqu’un qui est un peu nostalgique, qui est resté bloqué dans son enfance et qui en même temps aime la musique en générale. Ma personnalité, c’est la même chose donc je n’ai pas envie de faire de dissociation énorme entre ces deux trucs-là. J’ai toujours dit que tout ce que j’écris, tout ce que je dis, tu peux me le ressortir dans 10 ans, j’assumerai. Il n’y a pas de trucs qu’on va me ressortir et qui me choqueront. Tout ce que je dis, tout ce que je fais, c’est assumé ou vécu donc sur ça, je n’ai pas vraiment de soucis. Ça reste très authentique, ça ne fait par rêver la jeunesse, mais au moins je suis bien dans mes baskets.

Cover – 1965

On va revenir sur l’actualité. Aujourd’hui si je te reçois, c’est parce que ton clip « 1965 » est sorti. Quel est le thème de ce morceau ?

Alors ce morceau, c’est un ego trip où je dis un peu ce qui me saoule dans la musique. C’est vraiment un ego trip sur ce à quoi je pensais sur le moment. C’est un morceau qui a été écrit très vite et j’ai vraiment dit ce qui me passait par la tête et en même temps, il faillait un retour très fort, très marquant. Même si ce n’est pas mon style de morceau préféré, on a estimé avec mon équipe que pour un retour, c’était plus intéressant de revenir avec ça plutôt qu’avec un morceau profond comme j’ai l’habitude de faire ou un morceau chanté. Le refrain, c’est vraiment ma vie, mes soirées avec mes potes où on est dans une voiture et on ne voit pas ce qui se passe autour. Même toi, je pense que quand tu sors avec tes amis, c’est vraiment la bulle dans la voiture que tu vis. Ce qui se passe autour ce n’est pas ton truc. C’est un peu ça le thème. C’est vraiment aussi histoire de rendre hommage à mes gars qui ont toujours été là pour moi. Je n’ai pas beaucoup d’amis, et ça me va très bien comme ça, je ne suis pas en train de me plaindre, mais au moins je sais que je peux compter sur eux et c’est aussi un moyen de leur rendre hommage. Après, 1965, c’est vrai qu’au début, on n’avait pas de titre, on a cherché une voiture rouge, moi je suis fan des muscles car, les voitures à l’ancienne Américaine, les grosses voitures comme ça. On ne voulait pas d’un Classe A AMG, un truc récent. Ce n’est pas ce qui me fait kiffer en vrai donc on a trouvé ça, on a trouvé le mustang et on s’est dit pourquoi ne pas donner l’année de la voiture au titre du morceau et c’est parti comme ça en gros.

Qu’est-ce qu’annonce « 1965 » ? Un EP, un album ?

« 1965 » annonce un EP, je pense que pour l’album, c’est un peu trop tôt, il faut encore rassembler quelques trucs.Donc oui ça annonce un EP, d’ici la fin d’année, début d’année prochaine.On pourrait le sortir là, on a des morceaux, mais il ne me plaît pas encore au max, je peux encore l’update* et l’améliorer.

As-tu un mot de la fin ?

J’ai juste à remercier ceux qui ont été là avant que je devienne Fomo, ceux qui sont encore là malgré ma nouvelle identité.Il y en a qui l’on très mal pris, qui ne l’ont pas accepté, ce que je comprends d’ailleurs, mais en vrai ça reste la même personne.Merci à ces gens-là et j’espère qu’on va pouvoir rassembler de plus en plus de personnes.Et surtout à toi et à ton équipe, merci de vous intéresser à nous qu’on ne soit pas perdu au fond d’un sac avec pleins de gens.

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